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Le Parc Tuktut Nogait hiver 2013

Au retour de l’expédition menée en 2005 dans le parc Tuktuk Nogait, plusieurs événements nous avaient profondément marqués. Au delà des conditions météorologiques exécrables qui nous avaient accompagnées durant toute l’expédition ce  sont les magnifiques canyons qui sillonnaient le parc qui nous avaient totalement émerveillés.  A l’époque très peu d’images étaient accessibles sur internet et c’est en étant sur le site que nous avons découvert ces merveilles de la nature.



La question qui revenait sans cesse dans notre esprit n’était pas : « Serions-nous assez fous pour retourner dans ce lieu exceptionnel et presque inexploré ? » mais « Quand y retournerons-nous ?». La réponse était évidente dans notre esprit dès la fin de ce périple insensé qui avait poussé nos limites au delà de ce que nous pouvions imaginer.



 

Il m’aura fallu sept ans avant de prendre la décision de remettre les pieds sur cette terre lointaine. J’y retournerai seul et en hiver, Jean-Marc n’étant pas disponible pour mener cette expédition en ma compagnie. Il avait mené un raid hivernal quelques années auparavant près de l’embouchure de la rivière Brock jusqu’à la rivière Second Creek sans pénétrer plus en avant dans les terres en direction des canyons.



 

C’est au retour d’un raid effectué en mars/avril 2012 au Groenland que je commençais à structurer les bases de ce que sera cette nouvelle aventure.

 Comme nous l’avions initialement prévu lors de notre expédition estivale de 2005, mon objectif était d’effectuer une boucle depuis Paulatuk en progressant dans un premier temps dans la vallée puis dans les canyons de la Hornaday jusqu'à la chute d'eau de la Roncière. Ensuite je prendrai la direction des canyons de la rivière Brock plus au nord en tentant de m’extirper des canyons depuis les chutes d’eau. Une fois arrivé à hauteur de la rivière Brock je progresserai sur les hauteurs des falaises, les canyons étant beaucoup trop encaissés et peu d’endroits permettent d'en sortir en cas de problème. C’est ce que nous avions pu constater. Enfin je regagnerai Paulatuk par l’itinéraire le plus rapide.



 

Sur le papier, tout est faisable mais se plonger dans la logistique est une histoire un peu plus compliquée. Je passais des jours à définir un itinéraire sur les cartes me permettant d’optimiser au mieux le temps et les kilomètres que je me fixais pour réaliser cette expédition. Une fois défini et chargé l’itinéraire sur mon GPS, il restait à préparer l’aventure et la logistique en tenant compte des paramètres suivants : Durée, températures et conditions météos, nourritures, sécurité et poids de la pulka.

Céréales et dattes

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Campement sur le lit de la Hornaday

Une partie du lyophilisé

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Campement sur les hauteurs d'un lac gelé


Nous sommes le 23 mars et je suis dans le hall de l’aéroport d’Inuvik, prêt à embarquer pour Paulatuk. J’ai avec moi 65kg de matériel sans compter le sac photos. C’est un  surplus de bagages de 40kg à la pesée qui m’est annoncé et à 10$ canadiens par kilo d’excédent, c’est un supplément que j’avais un peu sous-estimé. Mais je pars pour 25 jours et il est difficile de faire moins. Pas loin de 1kg de victuailles par jour est nécessaire pour apporter les 4500 Kcal dont l’organisme a besoin pour endurer les températures de -30 °C et les efforts consentis durant le périple. A cela s’ajoutent  l’essence, la tente, le duvet, les vêtements de rechange, le réchaud et tout ce qui me permet de prendre les repas.

L’arrivée sur Paulatuk n’est guère engageante, des bourrasques de vent ont fait tanguer le Twin Otter avant qu’il ne se pose sur une piste à peine visible. Les pilotes chevronnés posent cet avion passe partout avec beaucoup de dextérité et dans des endroits parfois improbables vu du ciel. Le Twin Otter est réputé pour atterrir et décoller sur des pistes très courtes  et dans des conditions météo parfois exécrables.

L'heure est déjà bien avancée dans la journée et il me reste des achats vitaux à effectuer pour assurer la bonne marche de mon aventure : le bidon d’essence et le carburant qui va avec.  Paulatuk compte 256 habitants, pour l’essentiel des trappeurs et chasseurs. Toutes les infrastructures sont présentes, écoles, hôtels, services d’alimentation en eau potable et en gasoil, service d’entretien des quelques rues qui quadrillent le village.

Je m’autorise un dernier plaisir en prenant une chambre dans l’unique hôtel avant de prendre rendez vous avec les bienfaits de la solitude loin de l’agitation, du stress et l’indifférence de notre monde.

Vallée de la Hornaday

-30 sous la tente

Campement au niveau de Akluk Creek

Georges Creek

Campement au niveau de Akluk Creek

La porte des canyons

Le lendemain, 24 mars, 6h du matin la pulka est prête. Après un déjeuner copieux avalé, je chausse les skis et je prends le chemin de l'aventure. J’ai prévu une journée et demie pour rejoindre la vallée. Le départ est toujours un moment d’intense émotion et d’exaltation. La mise en route est toujours délicate, s’élancer en tractant une pulka en surpoids et affronter des le départ des températures avoisinant les -30°C sont toujours un exercice où le mental est primordial dès les premières heures.



 

Le ciel est légèrement voilé mais le temps est idéal pour appréhender cette première journée. Je longe une chaine de collines sur ma droite pour me diriger vers un lac où j’effectue mon premier bivouac sur une petite butte. De mon promontoire, j’éprouve un sentiment de liberté en admirant ces étendues immaculées et vierges de toute présence humaine.

 



La première nuit fut courte. Le froid est un compagnon qu’il est impossible d’apprivoiser et il me faudra plusieurs jours pour me mettre au diapason des températures extrêmes.
 Avant de repartir vers la Hornaday, je scrute les alentours dans l'espoir d’apercevoir un habitant des lieux. A cette saison, il n’y a que les plus forts qui daignent rester, renards polaires ou roux, lièvres arctiques, lagopèdes, boeufs musqués.


 

C’est par un petit vallon que je vais rejoindre la vallée en milieu d’après midi. Pas d’autres passages, les parois sont trop abruptes pour tenter une descente. La neige s’est accumulée dans ce petit talweg et c’est bien péniblement que j’arrive sur le plat de la vallée.


C'est mon premier bivouac dans la vallée et je prends le temps de savourer . Je retrouve un lieu qui m'est familier. C'est sur la rive opposée que nous sommes passés il y a maintenant neuf ans. La glace et la neige ont remplacé la pluie et le sol détrempé que nous avions supportés. Les conditions météorologiques exceptionnelles pour cette seconde journée donnent une autre dimension aux paysages. On ne peut espérer meilleure ambiance pour apprécier ces moments de solitude tant convoités.


Je progresse durant deux jours avant de rejoindre Georges Creek la rivière qui se jette dans la Hornaday. J'en profite pour collecter des échantillons de végétation le long de la vallée pour mon sponsor. En effet j'ai signé une convention avec le laboratoire de recherche en "biologie anthropisée" de l'université de Picardie. Cette convention me permet dans le cadre de mon activité de m'appuyer sur une structure scientifique qui valide les conférences que je propose dans les établissements scolaires et pour le grand public. Cette collaboration leur permet également d'obtenir des éléments d'étude issus d'endroits peu accessibles et qui pourraient leur fournir des informations pertinentes sur le dérèglement climatique et l'évolution de la végétation dans cette région de l'arctique.

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Premier campement sur le lit de la Hornaday

 

Après un dernier lacet là où la Hornaday prend ses aises au niveau de Georges Creek, apparait dans le lointain la porte du canyon. Comme les colonnes d’Hercule, deux immenses falaises gardiennes d’un temple montent la garde à l’entrée d’un autre monde. En pleine nature dans un paysage immaculé, les règles ne sont pas les mêmes, les distances s’effacent. Pas d’échelle pour mesurer avec précision ce qu’il me reste à parcourir avant de franchir le seuil de cet univers envoutant voire mystérieux qui m’attend. C’est une douce euphorie mélangée d'une certaine inquiétude qui me gagne au fur et à mesure que grandissent les falaises. Je me rapproche petit à petit pour me retrouver tel un lilliputien au pays des géants devant l’entrée du défilé.


« Halte étranger, qui es tu pour venir nous défier? » Ces falaises me font penser à "L'Argonath" du Seigneur des Anneaux, les deux géants qui gardent la porte du Gondor pour dissuader les étrangers d’y pénétrer. Ces murailles ne m’impressionnent pas et je m’engage avec ardeur dans ce sanctuaire où n’existe qu’une seule porte de sortie, Akluk Creek, que nous avions franchi par deux fois lors de notre expédition de 2005. La montée est particulièrement raide et m’échapper du canyon par cet endroit avec une pulka ne sera certainement pas une partie de plaisir à moins qu’une autre issue se présente aux abords des chutes de la Roncière.


Je me sens infime, écrasé par les parois qui m’entourent mais l’enthousiasme me gagne. Combien sommes nous à avoir osé défier la nature et nous aventurer au fond de ces canyons à cette époque de l’année où l’hiver ne dépose pas encore les armes? Je suis entré dans le défilé. Un dernier coup d’œil derrière moi pour m’assurer que la porte est toujours ouverte et je file vers une destination que je n’arrive pas encore à bien entrevoir. Les paysages sont assez irréels vus d'en bas. En fait il me semble que je gravite entre deux mondes. Celui des profondeurs où je me trouve et celui de la lumière, en haut des falaises, un univers plus propice à l’observation de la faune et où l'horizon prend toute sa dimension.


Les conditions météos sont parfaites, comme on souhaiterait en avoir à chacune des expéditions que nous pouvons mener. Pas le moindre vent ne vient balayer la neige depuis les hauteurs des falaises pour m’ensevelir. Pas de nuages qui viendraient occulter les quelques rayons du soleil qui viennent caresser les profondeurs. Un paradis pour les marcheurs de l'arctique sans aucun doute.

Canyons de la Hornaday

Canyons de la Hornaday

Cascade gelée le log des falaises

Canyons de la Hornaday



Je progresse à un bon rythme dans cette fosse à froid où les températures avoisinant les -30°. L’air froid plus lourd que l’air chaud dégringole à la base du canyon faisant chuter les températures déjà bien basses. A tout prendre je préfère cette sensation de froid sec à un blizzard qui vous coupe en deux lorsque vous progressez à la surface et qui fait cingler la neige sur le visage.

Le premier bivouac dans le canyon est une expérience surprenante, presque envoutante dans ce silence de cathédrale. Dans mon duvet une sensation de vide m’enveloppe. J’écoute le silence comme nulle part ailleurs j’ai pu l’apprécier. Pas de bruit de civilisation, pas de bruit d’eau tumultueuse comme cela est le cas à partir du printemps. Pas même le chant d’un lagopède ne vient déranger l’ambiance feutrée qui m’enveloppe.

Avant de m’endormir comme chaque soir, j’espère au fond de moi entendre les pas cotonneux d'un visiteur glisser sur la neige autour de la tente  Mais quel animal pourrait venir me rendre visite dans les profondeurs de la terre? Un loup, il aura trop peu de chance de trouver repas à sa convenance dans cet endroit. De plus les loups dans les Melville Hills vivent au rythme des migrations des caribous. Je doute fort qu’ils soient présents à cette époque. Un renard polaire, pourquoi pas, il doit y avoir un certain nombre de micro mammifères qui viennent se mettre à l’abri dans un recoin du canyon en attendant des jours meilleurs et qui pourraient satisfaire ce fouineur insatiable. Je n’aurais pas le temps d’aller plus loin dans mes pensées, le sommeil vient  mettre un terme à mes dernières velléités de réflexions.

Je me réveille autour de 7h après une nuit parfaite. Le matériel que je me suis constitué au fil du temps et avec les conseils de Jean-Marc est un bien précieux lorsque on décide de mener à bien des expéditions hivernales. Le duvet Hellsport grand froid capable de vous maintenir au chaud par des températures de -40 est idéal pour les conditions de vie extrêmes. De plus un second duvet plus fin peut être ajouté à l’intérieur si les conditions devenaient vraiment insupportables. Je recommande également les sous-vêtements techniques Bergans et Helly Hansen, ils sont d’une efficacité redoutable par ces températures.

Je prends un petit déjeuner copieux à base de céréales, de dattes et de fruits secs ainsi que du chocolat avant de finir par un grand bol de thé pour m’hydrater un maximum avant de reprendre la route. Le froid sec déshydrate sans qu'on s'en aperçoive. La gourde est remplie chaque matin d’une eau bouillante agrémentée d'un sachet de thé pour étancher la soif de la journée.

Après plusieurs jours de progression dans des paysages spectaculaires je rejoins enfin Akluk Creek. En été c’est un torrent qui se déverse dans la Hornaday depuis les hauteurs. Aujourd’hui tout est figé, pétrifié, suspendu. Le soleil m’a accompagné sans relâche durant tous ces jours et l’endroit où je plante le camp est un petit paradis pour le marcheur de l’arctique. Il me reste une journée encore et les chutes de la roncière seront en vue.
Je dois dire que j’ai besoin de me retrouver à la surface, le besoin d’horizon et d’observation commence à me manquer véritablement. Ce n’est pas la monotonie des lieux qui est en cause bien au contraire mais le besoin de reprendre des repaires dans une dimension plus habituelle.

Comme chaque matin je me réveille naturellement autour de 7h, l'horloge interne fonctionne à merveille. Le corps s’habitue au froid. L’esprit et le subconscient se règlent par rapport au besoin de repos et de récupération. Le rythme est pris.
Je démarre cette journée dans l’espoir de trouver un passage à proximité des chutes pour me hisser à la surface. Je laisse derrière moi Akluk Creek et m’engage dans un canyon qui s’est subitement rétréci. L’impression est saisissante. Je me retrouve à évoluer entre deux murs abruptes peu éloignés l'un de l'autre qui rendent la progression encore plus impressionnante et surnaturelle. La crainte qu’un rocher puisse tomber du haut des falaises m’effleure un instant l’esprit et apporte son lot d’angoisses certainement injustifiées. Mais il faut être prudent et garder tous les sens en éveil au moindre bruit suspect.

En tout début d’après-midi, après 6 heures de progression dans ce défilé étroit, j’arrive sur une zone beaucoup plus dégagée. Les parois sont toujours aussi imposantes, mais le regard peut de nouveau porter un peu plus loin. Par contre le sol est jonché de rochers qui sont tombés depuis les hauteurs et qui ont fracassé par endroit la glace recouvrant la rivière. C’est un véritable labyrinthe dans lequel j’avance. Je suis contraint à un certain moment de détacher la pulka et d’avancer plus librement pour trouver un passage dans ce dédale de pierres et de glace.


Une issue est enfin trouvée. Le graal est proche, quelques encablures me séparent des chutes qui ferment le canyon. Le mur d’eau figée est impressionnant. Le silence est presque envoutant que seules des chutes de rochers viennent de temps à autre rompre.


Je m’approche du mur de glace en prenant garde à ne pas tomber dans un trou provoqué par la chute d’un rocher. Le rempart de glace est moins haut que ce à quoi je m’attendais. La chute est constituée de deux paliers, ce qui la rend moins imposante lorsqu’on se trouve au niveau du premier.


J’ai planté le camp à une centaine de mètres de la cascade pour plus de sécurité. Un aplomb vertical se trouve sur la droite de la Roncière et je n’ai pas de recul suffisant en cas de chute de pierre. Le mur de glace étant devant moi maintenant, il est indispensable que je trouve une échappatoire afin de regagner la surface. Je fais le tour du cirque et j’effectue plusieurs tentatives pour grimper sur les différents promontoires afin de me hisser vers la sortie. Durant près de 3 heures j’ai tenté de franchir les paliers, de grimper sur les rochers et de trouver un chemin en vain. Il faut que je me rende à l’évidence, je n’ai aucun moyen de me hisser en dehors du canyon. Peut-être qu’à deux la tâche aurait été plus facile, l’un aidant l’autre en faisant la courte échelle puis en hissant les pulkas depuis les hauteurs à la cordelette. 

Le canyon s'ouvre avant les chutes d'eau

Les chutes d'eau de la Roncière

Parois sur les bords de la cascade

Le mur de glace de la Roncière

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Le lendemain matin je décide de rebrousser chemin et de retourner vers Akluk Creek, l’endroit le plus évident pour poursuivre mon aventure. Je peste quelque peu à l’idée de perdre une journée et de retourner sur mes pas. Mais parfois il faut savoir se rendre à l’évidence et accepter les contraintes d’une telle expédition. Mais ce contre temps je n’aurai pas à le regretter.


Au bout d’une à deux heures de progression, je ressens une sensation étrange. J’ai l’impression de ne pas être seul, qu’une présence faisait route avec moi pour m’épauler, pour rendre le chemin plus léger. Je lance un regard autour de moi puis vers l’arrière pour me rendre compte qu'un renard roux se tenait à une dizaine de mètres cheminant sur les traces de ma pulka. Quelle surprise! Que faisait-il ici ? Dans cet endroit presque improbable où je ne m’attendais guère à rencontrer un coéquipier de voyage. Sa magnifique fourrure tranchait avec le blanc immaculé de la neige.


Mon compagnon de voyage n’est ni impressionné et ni craintif. Bien au contraire, il s’est très vite accommodé du drôle bipède avec son drôle de traineau qu’il a devant lui et décide de m’accompagner un long moment. Quelques fois devant moi, d’autres fois 50 ou 60 mètres devant à m’attendre tranquillement assis à scruter les alentours dans l’espoir de dénicher une éventuelle proie qui sera la bienvenue pour lui apporter quelques calories quotidiennes.

Il est resté ainsi près de deux heures en ma compagnie et devait tout comme moi apprécier le contact d’un partenaire lui permettant de rompre la monotonie d’une quête solitaire. Et puis, d’un seul coup, il a disparu. Je l’ai vu sauter au dessus d’une fracture de la glace et puis plus rien. Je suis resté quelque temps à attendre son retour mais en vain. J’ai repris mon élan vers Akluk Creek en revivant cet instant magique où la bête se joint à l'homme sans la moindre crainte et dans une sorte de respect et d'acceptation. C’est un peu ce à quoi on aspire lorsqu'on chemine vers l'inconnu, la rencontre qui fait basculer le temps dans une autre dimension.

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Je suis revenu à l’endroit où je me trouvais hier matin. Je détache la pulka et pars en reconnaissance pour trouver l’itinéraire le plus adapté pour remonter mon matériel.
J’ai effectué 3 aller retour pour acheminer la totalité de mes affaires en prenant soin de respecter les conseils de sécurité, à savoir remonter les éléments de survie en priorité : tente, duvet, réchaud, essence et un minimum de nourriture en cas de problème.


Le lendemain matin, les conditions météo ne sont plus les mêmes, les températures sont remontées, et le vent s’est levé. Je m’accorde deux jours sur les hauteurs du canyons pour voir l’évolution de la météo et en profiter pour explorer les alentours à la recherche de traces d’animaux et contempler l’horizon.


Ces trois jours perdus m'obligent à changer mes plans. En tenant compte des jours de sécurité incompressibles qui permettent de pallier à d'éventuels problèmes, je n'ai plus le temps nécessaire pour remonter vers la rivière Brock. Je décide à contre cœur de regagner Paulatuk par un autre itinéraire. Je suis sur la rive opposée de la Hornaday et je dois longer la rivière par le haut des canyons avant de pouvoir de nouveau la traverser pour rejoindre le village. Je me sens quelque peu désappointé et amer d’être obligé de laisser les majestueux canyons de la Brock derrière moi. Mais il est impératif d’être à l’heure pour reprendre l’avion pour Inuvik.


Sur le vol du retour mon esprit vagabonde et j’envisage de préparer une nouvelle expédition qui depuis plusieurs années me tient à cœur : rejoindre Kugluktuk plus à l'est en partant de Paulatuk en traversant le parc Tuktuk et les Melville Hills. C'est une aventure de 500km qui pourrait me permettre d’emprunter les canyons de la Brock.


Lorsque des imprévus viennent remettre en cause une aventure, il faut trouver un stimulant et de nouveaux objectifs et projets pour ne pas baisser les bras et garder intact l'envie de découvrir.

Les photos de l'expédition

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